28 avr. 2017

L'agriculture biologique : un outil de développement local ?

Les premiers résultats du projet ABILE montrent que, dans une perspective de développement local, l’agriculture biologique est de plus en plus envisagée comme une réponse à des enjeux collectifs, environnementaux, économiques et sociaux.

Dans le cadre de notre projet, six initiatives territoriales ont été analysées de manière approfondie : 
  • Blagnac : développement d’une zone maraîchère bio en secteur périurbain (métropole de Toulouse)
  • Correns : centre de développement durable (Mairie de Correns/Pays de la Provence verte)
  • Défi FAAP : familles à alimentation positive (région Rhône-Alpes, métropole de Lyon)
  • GABB32 : diffusion et transfert de techniques de production agroécologiques entre agriculteurs Bio et Conventionnels (Gers)
  • Manger bio en Vendée : approvisionnement de la restauration collective en produits bio et insertion sociale de travailleurs handicapés
  • Développement de la filière PPAM (Plantes à Parfum, Aromatiques et Médicinales) bio dans les Pyrénées-Orientales.
Ce qui nous a permis de montrer la diversité et la complexité de ces dynamiques locales, tant du point de vue des objectifs de ces projets, que de celui des acteurs impliqués, du degré d’investissement des agriculteurs, des innovations techniques et organisationnelles dont ils sont porteurs, des politiques agricoles mobilisées, de leurs formes de gouvernance et de leurs trajectoires.
Le développement se fait différemment selon que l’on se situe dans :

  • un territoire rural où les élus sont très attachés à l’agriculture conventionnelle,
  • un territoire périurbain où l’AB bénéficie plus souvent d’une image positive
  • ou encore avec un territoire où il y a un ancrage historique de l’AB.
Ce sont tout à la fois des projets locaux de développement de l’AB et des projets de développement local dans lesquels l’AB joue souvent le premier rôle.
Dans certains cas, l’AB est affichée comme une priorité pour l’action publique pour contribuer à résoudre tel ou tel problème de développement local, dans d’autres cas, l’AB est affichée comme une solution parmi d’autres.
Ces dynamiques territoriales sont à l’image d’une nouvelle génération de projets qui se dessine. Ils sont porteurs d’enjeux nouveaux et d’innovations et nécessitent de nouvelles compétences en matière d’animation de projets (technique, logistique, marketing, …). En effet, les méthodes d’animation sont à adapter selon la typologie de dynamique locale.
Nous construisons actuellement des outils pour les animateurs, une formation et des vidéos pour dialoguer avec les acteurs des territoires… Ces outils seront diffusés d'ici à la fin du premier semestre 2017.

27 avr. 2017

L'agriculture biologique : un outil de développement local ?

Dans le cadre de notre projet de R&D ABILE "Agriculture biologique et développement local", nous avons notamment réalisé un ensemble de vidéos à visée pédagogique multiple :

  • Comprendre par le concret ce qu’est un projet de développement local, 
  • Prendre conscience des différents rôles (objectifs) que peut avoir le bio dans le développement local, 
  • Prendre conscience du nombre d’acteurs à impliquer dans un projet de développement local et comprendre la diversité de leur représentations et attentes vis-à-vis du bio, 
  • Comprendre le cheminement, les grandes étapes (se mettre d’accord sur un projet, chercher et trouver des financements, formuler et mettre en œuvre des actions concrètes), les difficultés (des financements espérés qui n’arrivent pas, quelqu’un d’important pour un projet qui s’en va…) qui permettent d’arriver à la mise en œuvre d’un projet dans lequel tout le monde se retrouve, 
  • Vivre les satisfactions, émotions, plaisir que les gens engagés dans un projet éprouvent lorsque ça marche bien...

Cette première vidéo propose un tour d’horizon de six initiatives locales et d’acteurs qui ont décidé de mettre l’agriculture biologique au service de leur territoire, parce qu'elle est reconnue pour être un mode de production et de transformation respectueux de l’environnement et de la biodiversité, mais aussi parce qu'elle peut aussi devenir un levier de développement local : pour contribuer à l'essor économique, environnemental et même social des territoires...

26 avr. 2017

L'AB peut-elle jouer un rôle social ?

En plus de répondre à une demande sociale forte sur la préservation de l’environnement et la qualité de l’alimentation, l’Agriculture Biologique peut avoir un impact social. Confrontés aux réalités économiques de la filière, les acteurs de l’AB ont su trouver des solutions originales basées sur des intérêts partagés et des logiques de partenariats avec d’autres acteurs du territoire (élus, services sociaux, plateforme et collectivités) et ainsi toucher différents publics (collèges, consommateurs, enseignants, cuisiniers). Chacun a son rôle, irremplaçable. Ces synergies sont la clef de la réussite de ce type de projets, souvent fédérateurs et créateurs de liens sociaux.

L'AB peut-elle être facteur d'échanges ?

Les agriculteurs sont confrontés à de nombreuses difficultés techniques et économiques. Et, on le sait bien, on est plus fort à plusieurs, pour échanger sur des pistes, tester des idées nouvelles. Dans la vidéo que vous allez voir, les échanges fonctionnent à double sens ; les conventionnels apprennent des bio et les bio apprennent des conventionnels par la mise en commun de solutions techniques (les Bios du Gers-GABB32 et les acteurs de la filière PPAM en Languedoc-Roussillon)

L'AB peut-elle jouer un rôle éducatif ?

L'objectif initial des initiatives suivies était de faire connaître et développer le bio mais il y a aussi un objectif éducatif dans ces projets : En vendée, un professeur de Sciences de la vie et de la terre (SVT) fait un jardin dans un collège et qui associe SVT, géographie et histoire (en comparant le potager d'aujourd’hui à un potager du 19ème siècle). Notons aussi l’éducation à l'alimentation dans les cantines, la découverte de la vie des abeilles et du métier d’apiculteur autour de la miellerie pédagogique de Correns, ou via l’accompagnement de gens modestes vers l’excellence alimentaire en Rhône-Alpes.

L'AB peut-elle jouer un rôle dans l'économie locale ?

Cette vidéo montre les différentes places que l’AB occupe dans les initiatives que nous avons suivies. A Correns : pour sauver la coop, ils sont passés en bio. Dans le Languedoc-Roussillon, il y a eu la création d'une filière locale. En Vendée, l’histoire a commencé par la logistique mais maintenant il y a une volonté d'atteindre la rentabilité économique pour proposer des prix concurrentiels, augmenter les volumes, la qualité... Mettre en route une filière est un long travail, il faut penser à tout : de la production au champ au marketing en passant par la transformation, la logistique, le modèle économique.

Le métier d'animateur de projet de développement local de l'AB

Cette vidéo montre la place de l’animateur dans un projet de territoire : Les différentes compétences du métier, le savoir-faire, les difficultés.
Engagement, capacité à motiver les autres, esprit d’entreprise, sens de l’organisation, autonomie sont quelques-unes des qualités que requiert le métier d’animateur. Au centre de ces compétences il y a aussi les connaissances environnementales comme agricoles, la capacité d’organisation et de rédaction, la capacité à animer des groupes de personnes.


11 janv. 2017

Offre de formation "Agriculture biologique et développement local"

28 et 29 mars 2017 à Lyon - Agriculture biologique et développement local
Une formation de deux jours par et pour des animatrices et des animateurs de projet

Objectifs du stage : 
Tester des outils et des méthodes d’animation de projet et se les approprier
Connaitre les difficultés et les étapes clefs d’un projet
Progresser dans sa pratique d’animateur

Ce stage s’adresse aux animateurs de développement local, chambres d’agriculture, groupements d’agriculture biologique, collectivités territoriales, mais aussi aux enseignants, … Il n’y a aucun prérequis si ce n’est une certaine connaissance des acteurs et des politiques territoriales.

Notre invitation : 
Depuis trois ans, un groupe associant une vingtaine d’animateurs, de chercheurs et d’enseignants échange sur les enjeux et la conduite de projets de développement local de l’agriculture biologique.
Pour cela, nous nous sommes appuyés sur des projets très variés : création d’une filière en plantes aromatiques et médicinales, restauration collective, éducation à l’alimentation de populations défavorisées, création d’une zone maraîchère, échanges de pratiques entre agriculteurs biologiques et conventionnels, développement d’une commune bio.

Nous arrivons au terme de cette aventure et nous vous invitons à partager notre expérience et les outils que nous avons élaborés :
Un « kit de l’animateur », boite à outil de la conduite de projets : médiation, communication, relancer la motivation, partenariats, recherche de soutien et de financements, …
Le métier d’animateur au quotidien : bilan de nos échanges sur le métier d’animateur avec la méthode des ateliers de co-développement
Une analyse comparée pour débattre des étapes clefs, des difficultés et des facteurs de réussite communs à beaucoup de projets ;
Un jeu de rôle « la bio dans la ville » pour accompagner les acteurs dans la prise de conscience de la diversité de leurs  visions et de leurs attentes ;
Des vidéos courtes mobilisables à différentes phases d’un projet local.

Méthodes pédagogiques : les méthodes interactives seront privilégiées, échanges entre participants et surtout utilisation pratique des outils d’animation élaborés.

Dates et Lieu : 28 et 29 mars 2017 à Lyon (ISARA, Agrapôle, 23 rue Jean Baldassini, Lyon 7ème)
28 mars 10h00 à 18h00 (repas du soir en commun pour ceux qui le désirent)
29 mars : 8h30 à 16h00

Places limitées : 12 participants maximum.

Tarif : stage gratuit (première session test) sauf frais d’hébergement et de restauration

Date limite d’inscription : lundi 6 mars 2017.

Formation organisée par : ISARA-Lyon (école d’ingénieurs en agriculture, alimentation et environnement) et ITAB (Institut Technique de l’Agriculture Biologique), dans le cadre du projet CASDAR ABILE (Agriculture Biologique et développement local), avec l’appui du Ministère en charge de l’Agriculture, de la Fondation de France et de la Fondation Daniel et Nina Carasso.
Animation et intervenants : Céline Cresson (ITAB) et Philippe Fleury (ISARA-Lyon), animatrices et animateurs de GAB (Groupements d’Agriculture Biologique) et de chambres d’agriculture, enseignants.

La formation est complète. Une nouvelle session sera organisée en fonction de la demande.
Merci de vous signaler auprès de celine.cresson@itab.asso.fr


17 oct. 2016

Les émotions autour du bio - exemple du projet "Manger bio en Vendée"


ABILE en visite avec René Bigot - Crédit photo : C.Cresson
Six étudiants en 5e année d’ingénieur à l’ISARA-Lyon (Institut supérieur d'agriculture et d'agroalimentaire Rhône-Alpes) ont travaillé sur la dynamique locale innovante « Manger Bio en Vendée (MBV) » qui valorise et promeut l’intégration de produits issus de l’agriculture biologique dans les restaurants collectifs sur le territoire vendéen.
Ce travail visait à dépasser la seule analyse de la rationalité des acteurs et des projets pour saisir les rôles joués par les émotions et la notion de plaisir dans l’implication dans l’action collective et la création de nouveaux liens et de nouveaux savoirs. 

Les objectifs étaient les suivants :
- Mieux comprendre le lien entre le bio, le local et les personnes enquêtées pour utiliser tous les critères qui vont aider à développer le bio et le local sur le territoire.
- Mieux comprendre ce qui intéresse les différents acteurs dans un travail avec le bio/avec des produits locaux.

La problématique était donc de connaître les différentes émotions émanant d’acteurs plus ou moins proches du projet et de comprendre quels impacts elles peuvent avoir sur le projet.

Vous trouverez ici le rapport des étudiants qui reprend la méthodologie appliquée pour cette étude, les résultats axés sur les émotions, les résultats autres que les émotions et une dernière partie sur les pistes à poursuivre au-delà de ce premier travail.

C.Cresson, ITAB.

31 juil. 2016

Les animateurs de la filière PPAM 66 devant l'alambic
En juin dernier, nous avons pu tourner la suite du projet ABILE dans le Gers et dans les Pyrénées Orientales. 

Au programme : découverte du GABB 32 et de ses agriculteurs passionnés. Qu'ils soient Bio ou en agriculture conventionnelle, ils ont choisi de se réunir pour lutter ensemble contre l'érosion et la baisse de la fertilité des sols. Leur méthode : l'utilisation de couverts végétaux adaptés aux terroirs. Trèfles incarnats, féveroles, graminées, ces couverts végétaux sont aussi utiles qu'esthétiques... de belles images en perspectives !

Le soleil était également au rendez-vous dans les Pyrénées orientales, où une nouvelle filière agricole est en train de voir le jour. Pour lutter face à la crise viticole des années 2000, un groupement de viticulteurs ont choisi de se diversifier et de cultiver des plantes aromatiques en AB. Si pour certains, l'expérience est d'ors et déjà un succès, il reste encore beaucoup à faire pour mettre en place une nouvelle filière à l'échelle du territoire. Une aventure passionnante contée avec enthousiasme par Bruno Collange, directeur du Lycée Agricole de Rivesaltes et les agriculteurs associés au projet.

En attendant les tournages à Correns, premier village Bio de France et en Vendée avec l'association Manger Bio en Vendée,  le montage des vidéos du projet ABILE a déjà commencé.

Jérôme Laniau, Diode Production